Manger l’autre

Ananda Devi
Grasset

Un nouveau-né de 10 kilos tel un bouddha plein de chairs et de plis. Une mère épuisée, usée qui ne trouve d’autres issues que la fuite. Un père plein d’admiration devant cette petite qui a selon lui mangé sa sœur jumelle in utéro.
Voilà comment démarre dans la vie cet enfant poussé par un père à se montrer, être fière d’elle, mais pourtant jetée en pâture à la cruauté des enfants de son âge. Adolescente, elle est surnommée « la couenne » et exhibée comme sujet de moquerie sur les réseaux sociaux. Elle ne représente rien d’autre et d’ailleurs n’a pas de nom dans tout le récit.
Elle est le sacrifice de tous dans cette société de surconsommation, du culte du physique, du voyeurisme « Je suis l’agneau d’Abraham. Le sacrifice humain des Aztèques. Le rat responsable de la peste. La nuit de la malédiction s’abattant sur le monde ». Et donc, pour elle un seul refuge encore et toujours la nourriture. Son obésité s’accroît ne laissant plus de place à rien ou peut être à l’amour ?
Une écriture belle, fluide, puissante qui nous emporte. Une fable savamment menée pour exprimer les tabous du corps, les affres d’une société où tout est excès. Cela dérange, interpelle non sans humour.
On savoure le mordant d’Anandi Devi pour nous faire réagir face au monde actuel et ses dérives
C’est brillant ! A découvrir !

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